CONSTANTINOPLE

 

Au carrefour de deux mondes, Constantinople est le fruit de la volonté de Constantin le Grand d’ériger,

au IVe siècle dans l’empire d’Orient, une ville capable de concurrencer Rome.

 

Si on attribue à Constantinople la notion de "ville capitale", terme qui commence à être utilisée au Moyen Âge seulement, elle ne bénéficie toutefois pas d’un arrière-pays stable, ce qui lui assurerait sa sécurité.  Constantinople fut toujours soumise aux convoitises de ses voisins.

 

UNE PASSERELLE ENTRE DEUX MONDES

La carte ci-dessus montre bien l’emplacement stratégique de Constantinople et son rôle de verrou, ou de passerelle, entre les différents mondes, entre deux mers et deux continents. On y voit la mer de Marmara, (la Propontide des Anciens), en haut vers la mer Noire, et en bas à gauche le détroit des Dardanelles qui mène à la mer Égée, avec la mer Méditerranée dans son prolongement.

Constantinople a vu le passage de peuples et de religions différents, en particulier les plus importants sont les Grecs, les Perses, les Macédoniens, les Gaulois...! Puis les premiers Romains jusqu'au VIe siècle.

 

CONSTANTIN INAUGURE CONSTANTINOPLE

C’est durant cette période romaine que Constantin Ier le Grand (272-337) décide la création de sa capitale en 324, qu’il inaugure en 336. Les monuments institutionnels sont construits et l’Hippodrome restauré.

La population est estimée à 100 000 habitants, pour atteindre sous Justinien Ier (VIe siècle), 400 000 à 600 000 habitants, mais elle se réduisit à 40 000 habitants après les pestes et les attaques de ses voisins aux VIIe et VIIIe siècles. Elle semble être remontée à 400 000 habitants et plus aux IXe et Xe siècles et fut la ville la plus importante de son époque. Ces estimations sont faites d'après la consommation des produits alimentaires, elles sont donc approximatives.

Constantinople, par sa situation, fut un pont entre Orient et Occident, au croisement d’un axe Ouest-Est, entre l'Europe occidentale et l'Asie centrale, et d’un axe Nord-Sud, vers Kiev et l’Europe du Nord.

Sur le plan économique et par le développement de sa civilisation, elle jouera le rôle d’une passerelle entre le monde romain et la Renaissance, en passant par le Moyen Âge. C'est ainsi que, compte tenu de son antériorité et de sa puissance économique, Byzance sera considérée, au moins jusqu'au XIIIe siècle, comme plus importante que les États occidentaux.

 

UNE VILLE COMPLEXE

Cette carte, dont certains noms sont en turc, donne une image de la complexité de la ville et de son organisation. On peçoit son expansion vers l’ouest, à l’abri des murs fortifiés successifs, au fur et à mesure de son développement, à partir de la zone à la pointe de la Corne d’Or. C'est un des plus beaux ports du monde, où l’on voit le Grand Palais et l’Hippodrome, le port étant protégé par une lourde chaine tirée d’une rive à l’autre.

Tout à fait en bas à gauche, incluse dans les Murs de Théodose (VIe siècle), la Porte d’Or d’où partait la via Egnatia vers l’Europe. Lors de sa deuxième ambassade Liutprand, comme nous le verrons, y fut arrêté à son arrivée, plusieurs heures avant de pouvoir entrer.

Les murailles, construites ou restaurées, étaient établies en plusieurs niveaux, séparées par des glacis et renforcées par plus d'une centaine de tours. Peu de vestiges en subsistent encore aujourd’hui.

 

LA PLACE PRÉPONDÉRANTE DE L'HIPPODROME

La reproduction ci-contre, d’une période plus récente, situe bien l’ensemble du Grand Palais (centre droit), avec la cathédrale Sainte-Sophie à sa gauche et l’Hippodrome au premier plan. On comprend la place politique et sociale que pouvait représenter l'Hippodrome dans la vie de Byzance. 

Si l'on n'en connaît pas les dimensions exactes, les emplacements actuels n'étant pas précisément délimités, les estimations nous indiquent une longueur extérieure de 450 mètres hors-tout, pour une largeur de 120 mètres environ, avec une dimension intérieure de 80 mètres environ. Cela donnait une capacité pouvant aller jusqu'à 50 000 personnes, ce qui, ramené aux chiffres précédents, représentait quand même 10% de la population de l'époque considérée.

Construit aux premiers siècles, souvent restauré, il fut détruit en 1490 ; il n’en reste plus que des ruines.

Nous verrons dans le chapitre suivant son rôle institutionnel dans la vie politique et économique de Byzance.

 

 

 

 

 

 

Détroit des Dardanelles et Constantinople

contrôlant le passage. Wiki Commons

 

 

 

Constantin Ier Le Grand. W. Cliché Ja

Musée du Capitole (Rome)

Plan du grand Constantinople. Site : http://www.larousse.fr/encyclopedie/ville/Constantinople/114504

 

Détail du quartier de Sainte Sophie

et du Grand Palais à droite. Site

 

 

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