THÉOPHANO  À  BYZANCE

 

Au début du Xe siècle, deux empires chrétiens, l’Empire byzantin et l’Empire germanique, parmi d'autres États

comme la Francie occidentale, vont se faire concurrence en Europe, engendrant des conflits à leurs frontières

au sud de l’Italie. Le mariage de l'empereur Otton II avec Théophano Skleraina y apportera une solution provisoire.

 

Camée en sardonyx représentant Constantin couronné par Constantinople, IVe siècle

W Cliché Evil Berry

UNE SAVANTE ALCHIMIE

L’Empire byzantin se prévaut d’être seul propriétaire du titre "impérial", en digne descendant de la "nouvelle Rome", depuis que l’empereur Constantin, après sa conversion au christianisme au IVe siècle, a fondé Constantinople. L’Empire germanique quant à lui se considère comme l’héritier de l'Empire de Charlemagne, de Rome et le protecteur des papes.

Ostrogorski, (Ostrogorski 1996, p. 53), spécialiste de Byzance, décrit l’Empire byzantin comme la synthèse de la culture hellénistique et de la religion chrétienne avec la forme romaine de l'État… Supprimer un de ces trois éléments et le fait byzantin devient inconcevable.

Grâce à cette savante alchimie durant ces quelques centaines d’années, on constate que c’est la seule institution humaine dont la durée de vie ait dépassé les 1100 ans.

 

UNE MOSAÏQUE DE PEUPLES

A la fin de la période qui nous intéresse, Byzance s’étend en Asie Mineure,à l’est jusqu’à l’Arménie ; au nord, de la Bulgarie à la Croatie actuelle ; au sud, de l’Italie méridionale aux îles de Crète, de Chypre et à une partie de la côte syrienne.

Elle a été obligée de céder aux Arabes musulmans une partie du Moyen-Orient, l’Égypte, qui était son grenier à blé, l’Afrique du Nord, et de quitter l’Espagne. Aux Lombards, elle avait concédé Ravenne et son exarchat*, mais par des guerres ou des négociations elle sut se préserver des Bulgares et des Slaves.

C’est une mosaïque de peuples aux différentes nationalités, langages et religions ou "hérésies" : orthodoxes, arméniens, nestoriens, ariens, pauliciens, etc. Elle doit encore faire face sur son flanc nord à ses voisins turbulents, les Bulgares, les Russes, les Hongrois, etc. ou au sud aux Arabes musulmans, précédant l’arrivée des Turcs au XIe siècle. En Méditerranée, les pirates de toutes les religions, les "Sarrasins" en Italie méridionale, en Afrique du Nord et en Espagne, rendent la mer dangereuse en menaçant le commerce maritime.

 

Présentée ainsi rapidement, il est évident que la "ville-capitale" de Constantinople était au centre de toutes ces pressions et soumise aux influences des cultures voisines, surtout à la richesse de son héritage gréco-romain.

 

C’est ce que nous allons voir ci-après.


                                                                          A suivre : Constantinople

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