LES OTTONIENS

 

L'une des dynasties qui construisirent l’Europe, celle des Ottoniens (ou Ludolphides), a laissé des traces profondes 

par son organisation du pouvoir, et à ses relations avec l’Église et les Arts. Ils règnèrent jusqu’en 1024, date

à laquelle, Henri II le Saint laissa le pouvoir à Conrad II, du duché de Franconie, et donna son nom à la dynastie.

 

HENRI Ier L’OISELEUR

 A la mort de Louis IV, dit L'Enfant, les seigneurs allemands, qui ne veulent plus avoir à faire aux piètres descendants du grand empereur, se réunissent en conseil et élisent Conrad, petit-fils d’Arnulf, roi pour la Francie orientale, qui devient Conrad Ier de Germanie. Lui-même, en 918 sur son lit de mort, désigne comme successeur le duc Henri Ier de Saxe, dit l'Oiseleur car sa nomination lui fut annoncée alors qu’il chassait les oiseaux ! La rupture était consommée entre les deux ensembles en cours de constitution. Un boulevard était ouvert pour la création d’un État germanique à l’est et au centre de l’Europe. Henri Ier avait eu à combattre les Hongrois à l’est et avait quand même réussi à conclure un accord avec la Lotharingie, en donnant en mariage sa fille, Geberge, au duc Gislebert de Lotharingie (ca 900-†939). De son second mariage, en 909 à Walhausen (Saxe), avec la future sainte Mathilde ou Mathilde de Ringelheim, le 23 novembre 912, naquit Otton II de Saxe, le futur Otton Ier le Grand. Lorsque Henri disparut en juillet 936, ses restes furent transportés à la collégiale Saint-Servais de Quedlinbourg, comme le seront ceux de la reine Mathilde à sa mort.

Il laissera à son fils, Otton Ier, un Empire en formation menacé de toute part. Le titre qu'il s'était donné en 920 dans un texte en dit long sur les difficultés à maintenir une cohésion parmi les différents peuples faisant partie de cet ensemble : rex Francorum, Saxonum, Thuringiorum, Alamannorum et Baiuvariorum sive totius populorum Germaniae.

MGH Ss, t.I, Continuator Regiononis, 920, p . 615)

 

LES OTTONIENS

L' influence des Ottoniens ayant été significative pendant cette période, nous y incluons également sainte Adélaïde et Théophano, notre héroïne. Nous pourrions également citer sainte Mathilde, l’épouse d’Henri Ier car, même si elle eut un rôle plus effacé, elle était toujours aux côtés de l’empereur. (Corbet 1986, p. 168 et suiv.) La concernant, l’auteur n’hésite pas à titrer un de ses chapitres : "Un modèle hagiographique de vie conjugale" (Ibid. p. 181 et suiv. ; Folz 1992, p. 56-65)

 

OTTON Ier

Otton, duc de Saxe à sa naissance, bénéficia pour l’époque d’un long règne de 36 ans,      du 2 juillet 936 au 7 mai 973, avec une extension de son pouvoir au fur et à mesure de ses conquêtes. Il est considéré, avec son père Henri Ier, comme un des fondateurs de la Germanie. En 927, à quinze ans, il reçut pour épouse Edith de Wessex, fille du roi de Wessex Edouard (†924), s’apparentant ainsi à la dynastie européenne la plus prestigieuse de son temps. Ce qui ne l’empêcha pas d’avoir un fils illégitime en 929, Guillaume, qui deviendra un évêque célèbre à Mayence, de 954 à 968. A la mort de son père, en 936, Otton est élu par les notables et les religieux roi de Francie orientale (Germanie) et couronné le 7 août en la cathédrale d'Aix-la-Chapelle.

Mais dans son esprit, il se voyait réunir les Saxons et les Francs en un seul Imperium plurinarum nationum (Laporte 2015, p. 9). Assez rapidement, c’est auprès  des notables du Saint Empire que les conflits ne tardèrent pas à apparaître, surtout lorsqu’à vingt-quatre ans on veut asseoir son autorité.

En fait, ils éclatèrent également entre les principautés ou duchés, où Otto Ier pouvait difficilement prendre parti. Par exemple entre Thuringiens et Saxons, Bavarois et Saxons, etc... (Savagnet 1844, p. 159 et suiv.)

Côté Église, Otton 1er poursuivi la politique d’emprise sur les évêques, qui étaient souvent choisis parmi ses proches, la famille ou les amis sûrs. C’est la politique du Reichskirchensystem que nous verrons dans le chapitre concernant les rapports des Ottoniens avec l’Église. (Bührer-Thierry 1997, p. 30 et suiv. et de nombreux autres passages)

 

LES ANNÉES DIFFICILES

En effet, aux frontières arrivaient les premières menaces extérieures représentées par les Hongrois, les princes de Bohême ou des Slaves en général. Ils pensaient profiter de la situation intérieure difficile du jeune roi qui, aidé de ses alliés, y fit face. Mais à peine ces problèmes résolus, en 940, le royaume d’Arles regroupant les deux Bourgogne devint une menace qu’il fallait surveiller. Il y avait également des velléités de rébellion dans sa propre famille, qu’il lui fallut déjouer.

Côté Lotharingie, en 942, le climat hostile entre Otton Ier et Louis IV fut marqué par les velléités de ce dernier à vouloir récupérer par la force des territoires. Il fut défait et,après la prise de Reims et de la Lotharingie par Otton, fut obligé de lui faire allégeance.

 

Les premières années de 945 à 950 furent une période de consolidation pour le jeune roi.

Effectivement, l’environnement semblait se stabiliser pour Otton, lorsqu’en 946 il perdit Édith, son épouse depuis dix-neuf ans. Elle sera inhumée dans la cathédrale Saint-Maurice-et- Sainte-Catherine de Magdebourg. Il restait veuf avec ses deux enfants, Liudolf et Liudgarda. Pendant ce temps, sur le plan politique, il était en train de se préparer petit à petit à postuler au titre d’empereur, parmi d’autres candidats dont Bérenger d’Italie.

En effet, en 946, Louis IV, revenu à de meilleurs sentiments envers les Ottoniens, confia le soin à sa femme Geberge, soeur d’Otton Ier, de prendre contact avec son frère pour proposer son aide contre ses ennemis, ce qu'accepta ce dernier. Louis IV vint ensuite à Aix-la-Chapelle avec Geberge et ils passèrent les fêtes de Pâques de 947 ensemble.(Flodoard, Annales, 946, 947)

Elle dut revenir seule voir son frère en 949 pour les mêmes raisons, et de nouveau passa Pâques avec lui à Aix-la-Chapelle.(Flodoart, Annales, 949)

 

EN ITALIE

L’Italie a toujours attiré les Ottoniens, la situation va favoriser les desseins d’Otton II quand Lothaire II le Jeune (fils d’Hugues Capet roi d’Italie, décède en 950, sans doute empoisonné par  le dit Bérenger II, le 22 novembre 950. Lothaire II laissait une veuve bien dotée, Adélaïde fille de Rodolphe II, roi du royaume des Deux Bourgognes, née vers 930, et leur fille Emma. Adélaïde avait déjà perdu son père, en 937, à l’âge de sept ans.                            (Goullet 2002, p. 5, cite : Hrotsvita éd. Winterfeld, 1902, p. 217, v. 469-470 et suiv).

Après la mort de Lothaire II, en 951, Bérenger II se fit élire roi d’Italie à Pavie et voulut marier Adélaïde à son fils, pour pouvoir récupérer son douaire. Devant son refus, il la fit enfermer et maltraiter près du lac de Garde. Otton, qui en fut prévenu, avait ainsi le prétexte tout trouvé pour justifier une intervention. Réunissant rapidement une petite armée, il passa les Alpes, sauva Adélaïde qui avait pu s’échapper entre-temps et chassa Bérenger, qu'il réduisit à l’état de vassal. Le 23 septembre 951, il se fit élire, à son tour, roi des Francs et des Lombards à Pavie.

 

MARIAGE AVEC ADÉLAÏDE DE BOURGOGNE

Adélaïde avait 19 ans, on la disait jolie; sa jeunesse et les possibilités qu’elle apportait en Italie, firent sans doute le reste. Otton avait 34 ans, elle n’hésita pas longtemps face au roi le plus puissant du moment et ils se marièrent à Rome quelques semaines plus tard, en présence des ducs de Lotharingie, de Franconie, de Souabe et de Bavière, ou de leurs représentants.

Mais le pape Jean XII ne voulut pas les recevoir et, comme la nouvelle impératrice devait être présentée à ses sujets, Otton Ier abandonna provisoirement son titre de roi et ils revinrent en Germanie. (Hrotsvita MGH Scriptores rerum, t. 34, liv. p. 217-219)

Entre 952 et 955, Adélaïde donna le jour à deux fils, Henri et Bruno, qui malheureusement moururent en bas âge. En 955 naîtra Mathilde qu’Otton placera plus tard, à l’âge de dix ans, comme abbesse à Quedlinbourg ! Voulait-il éviter d’avoir un gendre ? La même année naîtra, pour son plus grand bonheur sans doute, Otton, le futur Otton II le Roux.

 

LA BATAILLE DE LECH

Entre-temps, en 953, les Hongrois profitant des quelques nouvelles difficultés intérieures que rencontrait Otton avec ses princes, ducs, évêques, etc..., organisèrent des raids dévastateurs. Mais réunissant toutes ses forces, Otton Ier revint en Bavière en 955 et réussit à battre les Hongrois à Lech (près d’Augsbourg) le 10 août 955. (Widukind La bataille de Lechfeld, p. 212-215, in La naissance du Saint Empire, 1967). C’était la consécration qui lui manquait. À partir de ce moment-là, il est conforté dans son rôle par son titre d’Imperator Augustus, auquel ses soldats ajoutèrent celui de Pater Patriae. Dans la foulée, il battit les Slaves à Recknitz, puis vassalisa la Pologne et la Bohême en 960 (approximativement la République tchèque actuelle). Mais entre-temps l’Italie, Rome et la papauté le rappelèrent. En effet, le jeune pape Jean XII, dit le Pornocrate (!), intronisé en 954 à l’âge de 17 ans et qui avait refusé de reconnaître le titre de roi à Otton Ier, se sentant à nouveau menacé par Bérenger d’Ivrée, fit imprudemment appel à Otton Ier en 960.

 

COURONNEMENT IMPÉRIAL A ROME

Une nouvelle opportunité (du pain bénit !) se présentait à Otton Ier, et en septembre 961 on revoit le avec Adélaïde en Italie à Pavie. Pour sécuriser sa descendance, avant de partir il avait fait élire roi son fils Otton II, qui n’avait alors que six ans. Sa première action sur place consista à détrôner définitivement Bérenger, et les tractations commencèrent avec Jean XII, qui n’était pas tellement en position de négocier. Le 2 février 962 eut lieu le couronnement  d’Otton Ier comme empereur d'Occident, par le pape, ainsi que celui d’Adélaïde. Otton aura imposé sa volonté, comme on va le voir dans le chapitre suivant. Désormais plus aucun pape ne pourra être élu sans prêter serment à l’empereur. Il impose au pape le "Privilegium Othonis imperatoris" qui reprend et consolide les avantages obtenus par ses prédécesseurs. On retrouvera le fond pourpre et le style minuscule caroline calligraphiée utilisé ensuite pour le contrat de mariage des jeunes mariés.

 

 (Thietmar éd. 2001, liv. II, chap. 13, p.101 et suiv. ; Iorga, 1927, t. II, p. 199 et suiv.)

Par la suite, Otton Ier n’aura de cesse d’œuvrer pour la réunion de la Germanie et de l’Italie, en jetant les bases propices à la création du Saint Empire romain germanique, titre qui ne sera définitivement utilisé qu’au XVe siècle. Mais il n’en aura pas fini avec Jean XII.

 

RELATIONS AVEC BYZANCE

Il était temps qu’Otton s’occupât des relations avec Byzance. À partir de 965, il était en contact direct avec les Byzantins en Italie du Sud, et ceux-ci en la personne de Nicéphore II Phocas s’inquiétaient de ses visées sur la péninsule. Otton voyait bien une union consolidée par les liens d’un mariage avec une princesse porphyrogénète byzantine. D’ailleurs, pour que la proposition concernant son fils soit plus attrayante, Otton II le fait sacrer empereur par le pape en 967. Les tractations commencent. Une ambassade dirigée par Liutprand revient sans succès en 968 ; une autre délégation de chevaliers germains est capturée en Calabre et les prisonniers envoyés à Constantinople. (Sigebert de Gembloux,  MGH Scriptores VI, 1843, p. 351). Ce que voyant, Otton Ier fait pression sur les Byzantins en Italie du Sud en mettant le siège devant Bari, mais en vain.

Toutefois les choses vont changer avec la disparition dramatique de Nicéphore II et l’arrivée de l’empereur Jean II Tzimiscès. Celui-ci est un homme rendu plus pragmatique par les événements, car il devait faire face aux attaquants du nord et du sud-est de Constantinople ! Les deux parties ayant donc hâte d’en finir, elles aboutirent à un accord vers fin 971, pour convenir d’un mariage à Rome début 972.

 

La suite est reprise et traitée sous le chapitre titré "Théophano impératrice".

 

MORT D’OTTON Ier

Otton Ier aura juste eu le temps de savourer l’aboutissement d’une vie de conviction et de combat, car il décèdera, un an après ce mariage, le 7 mai 973 à Memleben en Thuringe (aujourd’hui dans le nouveau Land de Saxe-Anhalt). Il laisse une veuve, Adélaïde, âgée de 42 ans et un jeune couple de 13 et 18 ans. Selon le mode de calcul utilisé dans le Saint Empire, les dates étaient calculées en année révolue ou en année courante. C'est-à-dire dans le premier cas 974, dans le deuxième 973.

 

VEUVES ET VEUVAGES AU MOYEN ÂGE EN OCCIDENT

C’est le moment de parler des veuves ottoniennes, Mathilda, Adélaïde et Théophano,  car on ne peut parler des régnants ottoniens sans parler de leurs épouses devenues leurs veuves et qui leur succéderont. Au Xe siècle, la situation de la femme varie en fonction de sa position sociale. Celles qui nous intéressent deviennent dépositaires des problèmes politiques, d'économiques, de territoires, d’alliances, etc... qui se révèlent à la disparition de leurs époux. À l’occasion de leur mariage, les futurs époux apportaient à leurs femmes respectives un douaire qui devait assurer leur subsistance en cas de disparition. Elles sont ainsi bien protégées par des biens fonciers et les revenus correspondants. Ce fut le cas par exemple d’Adélaïde qui, lors de son premier mariage, avait reçu plus de 4000 manses* et plusieurs abbayes dont elle héritera à la disparition de son mari, Lothaire II, roi d’Italie, et qui ne laisseront pas Otton Ier indifférent ! Pour Théophano, la lecture de son acte de mariage donne une indication sur sa dotation par Otton II d’abbayes et de territoires, alors que les Ottoniens s'attendaient plutôt à la cession par Byzance de régions du sud de l’Italie !          (Le Jan 2001, p. 75 et suiv.)

La Pastorale ottonienne donne comme exemple, à travers la Vita Mahthilda postérieure, une image idéalisée pour Mathilda, veuve d’Henri Ier. Sa conduite, son action, ses dévotions comme veuve à partir de 936 furent très rapidement reconnues après sa propre mort en 968, et elle reçut le titre de "sancta mater".

(Corbet 1986, p. 32 et suiv. qui cite Widukind II, 36)

On verra ci-après leur poids dans la politique lors du "colloquium dominarum", la Conférence des Dames*, en 985, pour essayer de résoudre les conflits.

 

(SAINTE) ADÉLAÏDE DE BOURGOGNE

Adalada, Adalasia, Adeleda, Adelegida, Adeleida, Adelhaida, Adelheda, Adhelehida, Adheleis, Aleyda, Ethelheidam, Adheleidam, Ædheleida, Athelheidam, Adheleidam, Ædheleida.

Adélaïde est la fille de Rodolphe II, roi du royaume des Deux Bourgognes, et de Berthe de Souabe (907-966). On a vu qu’il s’agissait d’un parti intéressant par l’importance de son douaire et, dès la mort de son époux en 951, Bérenger II, se fit élire roi d’Italie à Pavie à sa place. Il voulut marier son fils à Adélaïde pour pouvoir ainsi récupérer son douaire mais devant son refus, il la fit enfermer dans un château près du lac de Garde (Italie). Les chroniqueurs de l’époque sont unanimes pour rapporter les mauvais traitements qu’elle subit durant son enfermement. (Widukind, Regestae saxonicae, MGH Scriptores, t. III, lib. III, 7, p. 452 ; Hrotsvita, PL CXXXVII, col. 1161 et suiv. ; Goulet, 2002, p. 47-51.)

 

IMPÉRATRICE AVEC OTTON Ier

Ce fut une libération rocambolesque puisqu’elle réussit à se sauver du château. On a vu la suite avec son mariage avec son libérateur! Arrivée en Germanie, après son mariage avec Otton Ier, dès qu’elle fut libérée de ses maternités, elle prit une part active aux affaires de son mari et l’accompagna dans ses déplacements de château en château. Son rôle fut important et R. Folz ne dénombre pas moins de 75 diplômes où elle est citée pour ses interventions. Quelque temps après la disparition d’Otton Ier, Otton II et son épouse Théophano, voulurent régner seuls et lui retirèrent bientôt toute prérogative dans l’Empire. Grâce à l’intercession de relations communes, du roi Conrad III et d’Odilon de Cluny en 980, elle fit un retour remarqué à la cour. Les relations avec sa belle-fille s’étaient améliorées. (Folz, 1992, p. 69-70). À la mort d’Otton II, en 983, elle fit cause commune avec Théophano pour assurer le trône à son petit-fils Otton III, puis se retira en Italie pour y surveiller les intérêts du Saint Empire. (Folz, 1992, p. 66-80)

Gerbert, le pape de l’An mille sous le nom de Sylvestre II, qui fut son protégé, l’appelait la "reine du royaume", soit "Mutter der Königreiche" ou la compagne des rois, soit "consors regni". Elle fut en effet la femme ou la mère de trois empereurs.

Elle mourut à 69 ans à Seltz, le 16 décembre 999, jour qui sera retenu pour sa fête, avec le 10 février, et inhumée dans l’abbaye de la ville. Ses reliques disparaîtront au XVe siècle après bien des vicissitudes, des inondations, des guerres, etc... Mais sa présence est toujours vénérée dans l’église Saint-Étienne reconstruite.

À la demande d’Otton, évêque de Strasbourg, elle fut canonisée par le pape Urbain II en 1097, bien qu’elle ne l’ait pas été dans des formes ordinaires, et un peu rapidement ! Les Bollandistes* l’ont référencée : Adelheida, BHL 0063-66. (AASS. t. 2 de février, p. 377-378), où elle figure au 10 février. L’épitaphe que lui écrivit Odilon de Cluny (Odilon de Cluny, 1880, PL 142, col. 967-991 ; Marrin, Bibliotheca cluniacensis, éd. 1915, col 353-370), est un texte presque hagiographique, qu’il faut tempérer par le fait qu’elle fut une grande protectrice de l’ordre des Bénédictins de Cluny. Il a en outre un caractère théologique, politique et de spiritualité qu’a bien développé Robert Folz dans les "Saintes reines au Moyen Âge".                               (Folz, 1992, p. 67-80 ; Corbet, 1986, p. 81-110).

À remarquer que l’impératrice Théophano Skleraina, qui n’avait pourtant pas démérité, ne sera pas canonisée. Il faut remettre la question dans son contexte, c’était en fin de compte une femme de caractère qui focalisa beaucoup d’inimitié, une "grecque", et surtout il faut se rappeler que la confirmation définitive du schisme constaté au concile de Chalcédoine (451) aura bientôt lieu dans une atmosphère déjà tendue, en 1054 ! (Wangerin 2014, p. 716-736)

 

 

Henri Ier, Château de Meissner XIIe siècle.

Cliché : Maïtke Vogt-Luerssen Site kleio.org

 

 

 

Edith et Otton Ier à Magdebourg  vers 1250 . "World Archeology" n° 43, sept.-octobre 2010. cliché Eduen

 

 

Otton I in Kaiserchronik für Kaïser Heinrich V, 1112.   Cambridge, Ms  373, fol. 42v.

            Otto der Grosse, 2012, t. I. p. 177.        

 

 

Adélaïde. Cathédrale de Meissen XIIIe siècle

Photo Maïk Vogt-Luerssen 

 

 

Lac de Garde. Site supposé du château-geôle, La Rocca, d'Adélaïde.Site.

Otto I bénit par le pape Jean XII, W. Cliché Michail


 Bataille de Lech in der Sächsischen Weltchronik. Buchmalerei, vers 1270 (Gotha, Forschungs und Landesbibliothek, Ms. Memb. I. 90, fol. 87v) 

w. Cliché Armin P.

 

 Sacre d’Otton Ier. Manuscriptum Mediolanense (Chronique de l’évêque Otto de Freising), ca. 1200 W. cliché Andreas Praefcke

 

Extrait du « Privilegium Othonis » actuellement dans les Archives Secrètes du Vatican.

 

Mort d’Otton Ier, Memleben, Mai 973.

in Otto der Grosse. t. I, 2012 p. 11 d’après une Chronique Palatine, XVIe Cliché Mathias Puhle

 

 

 

 

 

Adélaïde à Saint-Etienne de Seltz.

W. Cliché Ralph Hamman





Chapelle royale de Dreux, vitrail du XIXe siècle  patrimoine-histoire.fr

 

Texte de l’épitaphe d’Odilon Ière moitié XIe siècle

Bibliothèque nationale d’Autriche, (BildArchiv),

Cod. 622 Otton der Grosse, 2012, t. I., p. 394


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