ANNÉE 976      

 

Otton II, on peut même dire le couple, tant les liens semblent être devenus solides, sait à quoi il doit s’attendre

pour cette troisième année de règne. Les positions de chacun des protagonistes sont claires, les difficultés internes à l’Empire et en périphérie sont identifiées. A plus forte raison les positions énergiques, prises par l’empereur face aux problèmes, ne laissent aucun doute aux adversaires déclarés du régime sur les risques qu’ils prennent.

L’année sera donc encore animée !!

3 JANVIER

- Erstein commence l’année sous la neige, mais le séjour se termine, car la fonction impériale, telle qu’elle existe, ne peut se satisfaire d’un trop long sédentarisme. Voila donc de nouveau le couple et sa suite sur les routes.

Le site est accueillant, le monastère (disparu) dont ci-contre la maquette, était l’œuvre de la femme de Lothaire Ier (795-855), Emmengard (ca. 825- ca. 866) avec sa fille Rotrude (835-† ?), qui en fut la première abbesse.

 

Avant de partir, Otton II accède à une revendication de l’évêque Hildebald de Coire (Chur) confirmant un texte d’Otton Ier sur les relations avec ses voisins, leurs églises, les résultats de pêche sur les lacs avoisinant et même jusqu’aux résultats de la dîme, etc.    (RIi II, 2, n° 708)

 

4-17 JANVIER

- Strasbourg (Argentoratum jusqu’au VIe siècle), à une vingtaine de kilomètres seulement, est la première étape. La ville va captiver Théophano par l’ancienne et  importante présence romaine.

On lui montre le port établi par eux sur le Rhin, témoin du trafic fluvial déjà important et encore présent. Elle y voit également des statues de déesses témoins de leur passage et, même s’ils furent victimes des différentes invasions, il reste par exemple l’enceinte d’un camp, une arène, ou les thermes qui intéressent toujours l’impératrice.   

Strasbourg fut très liée à Brumath, que Théophano va voir en passant, carrefour géographique au cœur d'une région agricole. Mais la vraie transformation s’est faite semble-t-il avec l’arrivée d’un Franc, Clovis. Puis au VIIIe siècle, l’Alsace est devenue duché et diocèse, avec son évêque, Adalbert, qui construisit le couvent Saint-Etienne, une église Sainte-Marie mentionnée en 728 et une chapelle Saint-Michel qui existait « hors les murs » du castrum.

Si elle passe de suite aux Carolingiens, elle constate que Charlemagne, lui préférant sans doute Aix-la-Chapelle, est moins présent. Elle sait par ailleurs que c’est ici que fut signé le Serment de Strasbourg (Sacramenta Argentiae), lu dans les deux langues, qui a définit les zones à l’origine des langues françaises et germaniques en 842, confirmé par les traité de Verdun (843) et de Meersen (870), avant que la ville ne passe aux mains des Ottoniens.

Nithard (ca. 800 - 859), petit-fils de Charlemagne, en a fort heureusement, fait un compte-rendu et conservé les textes

 

Pour l’heure, c’est Erchenbald un fidèle aux Ottoniens, sacré évêque de Strasbourg par le métropolite de Mayence en 965, qui les reçoit. Il avait obtenu le droit de battre monnaie et le droit de justice et ne pouvait que leur être favorable.

 

18 JANVIER      

- Bruchsal est cité pour la première fois dans des diplômes,  que l’empereur de retour dans la ville, édictera cette année au bénéfice du monastère de Saint-Bavon de Gand.  On la trouve encore sous le vieux nom de Bruohsela. ( RIi II, 2, n° 709 et 710)

 

21 JANVIER         

- Trebur, qu’il est inutile de présenter  après  les précédents passages. Pendant leur séjour, à la demande de Théophano, Otton II accorde encore des donations (RIi II, 2 n° 711)

Il se laisse ensuite aller à raconter à son épouse un moment difficile de la cohabitation des Francs et des Saxons, il y a près de cent ans, quand lors d’une assemblée commune dans la ville, les deux groupes en présence faillirent en venir aux armes, si Louis II ne s’était interposé.

 

9 FÉVRIER    
- Ingelheim fut toujours apprécié des Ottoniens. Théophano ne pouvait faillir à cette réputation. Elle fut très intéressée par l’origine de la protection miraculeuse, dont profita Charlemagne, qui en sa mémoire, avait surnommé son palais Ingelheim, ingel signifiant ange et heim, chez soi en allemand. Le pape Adrien Ier (772-795) avait envoyé d’Italie, pour la construction de cet édifice (qui débuta en 774), le marbre et les mosaïques, venues pour certaines de Byzance. On lui montre même un diplôme de Charlemagne, édité dans cette ville de Inghilinhaim en 807, confirmant un échange de territoire.

(MGH DO Karl I, 7 août 807, n° 206).

Entretemps, on apprend le décès de l’évêque Bruno de Werden (972-976). Apparemment les candidatures sont nombreuses et cette fois, suivant les avis de ses conseillers, le choix d’Otton se porta sur Erp (976-994), jusque là prévôt à Brême.                                          (Thietmar, chap. III, 6, p. 131 ; RIi II, 2 712a)

En cours de route Niketas Kurkuas, le fidèle de l'impératrice, leur apporta une triste nouvelle, la disparition à Constantinople de l’oncle de Théophano, Jean Ier Tzimiscès. Bien que n’ayant pas gardé de relations suivies avec lui, et qu’elle n’avait été qu’un "pion" de sa politique,  elle fut affectée par cette nouvelle. Cet événement était arrivé le 10 janvier, il y avait six semaines avant l’arrivée du courrier, et le couple attendait maintenant d’autres nouvelles concernant l’évolution de la situation politique. Y aura-t-il des incidences sur les relations entre les deux empires? Niketas partira prochainement pour suivre les événements sur place et rendre compte à l'impératrice, donner des  nouvelles de sa famille arménienne.

 

28 FÉVRIER      

- Geldersheim qui porte son nom actuel depuis une centaine d’année, était appelé autrefois Geltaresheim, qui se traduit par "la maison de Gelthari". Le curtis  a d'abord été mentionnée dans un document de Fulda en 763 comme "Villa Publica Geltreheim", puis devint domaine royal. Sa propriété, ses biens et ses revenus furent transférés au monastère de Fulda. (Hahn 1978, p. 80 et suiv.)

Pendant son séjour dans le nouveau palais, sollicité par le duc Otto de Souabe, Otton II lui fait établir un diplôme de donation de l'église de Saint-Pierre à Aschaffenburg avec les villages de Wirtheim, Kassel et Kinziggau. Par là même il confirme l’existence de ce lieu et son séjour d'étape quelque temps. (RIi II, 2, n° 712)

 

AVRIL

Pendant ce temps, en Francie occidentale, Lothaire Ier, roi des francs, appuyait la nouvelle révolte des deux seigneurs de Belgique et des Pays-Bas contre Otton II. Aidés par  Charles, son frère  et du comte Otton de Vermandois, ils avaient attaqué les nouveaux comtes du Hainaut, Godefroy de Verdun et Arnould de Valenciennes.

 

Otton II ne pouvait permettre ce nouvel affront et  prit la tête d’une nouvelle expédition, qui se termina par une défaite des rebelles près de Mons le 19 avril 976. Pour éviter le retour de tels incidents, l'empereur, conseillé sans doute par son épouse, qui avait déjà vécu la même situation il y avait deux ans, mais surtout par Notger de Liège, fin connaisseur de la région, préféra finalement faire des concessions et accorda à Régnier le comté de Mons et à Lambert le comté de Louvain. Ces deux comtés provenaient de l'ancien comté de leur père. Parallèlement, Otton II, pour endiguer l’autre menace, celle de ses cousins Carolingiens de France, accorda le duché de Basse-Lotharingie à Charles, frère du roi Lothaire, déclenchant l'ire de ce dernier.

 

23 AVRIL   

- Allstedt, plus confortable, accueillit la cour pour les fêtes de Pâques puis, après quelques jours de repos, nouveau départ direction Mayence.

 

28 AVRIL    

- Mayence, au bord du Rhin, bénéficiait d’un pont en bois qui faisait l’admiration. Il avait été construit sous Charlemagne, grand bâtisseur, qui poursuivit également l’entretien des routes.

Théophano entendit parler du monastère, en cours de rénovation, qui avait abrité il y a quelques années auparavant l’hagiographe Raban Maur, dont elle avait eu l’occasion de voir les travaux sur les saints à Constantinople.

Un synode avait été organisé et les attendait, présidé par l'archevêque de Mayence, Willigis, avec la participation des évêques Adalbert de Prague, nommé en janvier de cette année après la création de son évêché en 975,  de Spire, de Worms et de Moravie.             (Pixton 1995, p. 48 et suiv.)

 

8 JUIN     

- Ingelheim offre, même si le dessin ci-contre est postérieur, à l’arrivée un beau paysage, pour la deuxième fois cette année, avec un séjour un peu plus long.

Théophano, soucieuse de connaitre l’histoire des régions qu’elle traverse, s’intéresse cette fois un peu plus à Charlemagne, en particulier à sa naissance. En effet, sans informations bien précises, c’est ici qu’il serait né en 742. On lui dit que d’autres villes, dont une en Francie, Querzy, lieu de séjour privilégié des Carolingiens, réclame cet honneur. Mais elle n’a pas de documents lui précisant la date et lieu de naissance exacts de cet empereur qui la fascine.

Est-ce lui qui a introduit la vigne dans la région, jusqu’à en faire une capitale du vin rouge?

Entre temps, Otton II accède à la demande de l'évêque de Strasbourg, Erkanbald, pour l’attribution du domaine royal de Mittersheim (Lorraine) à l'église Sainte-Marie, avec en plus une chapelle et le produit de ses dîmes. (RIi II, 2  n° 714)

On apprend  à la jeune impératrice, que c’est là, non loin, sur une île du Rhin, que Louis le Pieux, le fils de Charlemagne, qui aimait venir y chasser, était décédé en 840, après un règne bien agité.

Et on repart quelques jours après pour une chevauchée de 200km.

En cours de route, parvient la nouvelle du décès de l’archevêque Geron de Cologne, Théophano en est très affectée, en effet elle se souvient des premiers contacts avec le monde franc, quand Géron vint la chercher à Constantinople. Il y a déjà quatre ans qu'elle a quitté sa famille arménienne, un siècle pour elle. Otton II nommera son successeur, Warin, un clerc de la cathédrale, qui ne lui en sera pas toujours gré pendant la période difficile qui va suivre.

 

30 JUIN   

- Greisdorf (aujourd’hui Gräfendorf), reçoit leur première visite. A cette occasion, Théophnao demande à son époux de rétablir les droits d’un personnage de la ville, Bernard. (RIi II, 2, n° 715)

Au passage, ils auront visité à Wilmundsheim (aujourd’hui Alzenau), le monastère de Gelnhausen (aujourd’hui détruit), Bad Orb dont on commence tout juste à utiliser les sources et le sel.

En passant, ils s’arrêtèrent chez un cousin d’Otton II, à Schweinfurt, Otton de Franconie ou de Worms (949-1004), petit-fils d’Otton le Grand. Il visitèrent le chantier du château de Petersin de la ville, en construction.

 

4 JUILLET             

- Bamberg, ils le savent appartient à la famille des Babenberg, pour le moment à Léopold de Babenberg (940-994), qui avait été un précieux allié d’Otton Ier contre les Hongrois, mais qui restait sans héritier. On l’a vu, en juin 973, croyant calmer l’hostilité de son cousin à son égard, Otton II avait donné la ville des Babenberg à Henri II de Bavière, malheureusement sans effet, comme on a pu le constater par la suite. (RIi II, 2, n°716)

En fait, la famille Badenberg a disparu à la suite de luttes intestines qui eurent lieu des le VIIe siècle, date de la fondation du château, (presque disparu aujourd’hui), où fut accueillit le couple impérial. Il surveillait la route commerciale avec la traversée du fleuve Main et comprenait une chapelle de grande dimension (qui servira de fondement de la cathédrale vers le XIe siècle).

 

 

5 JUILLET 

- Forchheim, bien placée sur le Main, affluent conséquent du Rhin, joue encore un rôle important dans le transport maritime de marchandises au Moyen-Âge. Ce fut une des villes retenues par Charlemagne par son capitulaire de Thionville (Diedenhofen), par où devait passer les marchandises slaves pour contrôle. Il concernait en particulier l’interdiction des ventes d’armes aux Slaves et aux Avars. Ceci était valable également entre autres pour Magdeburg, Erfurt, Ratisbonne, Lorch, etc. (Riché 1983, p. 303 ; Minois 2011, p. 418)

Déjà aux VIIIe et IXe siècles, un palais abritait la cour royale franque. Charlemagne vint y passer deux hivers pour montrer sa détermination à la création de l’évêché. Mais le traité de Verdun en 843 affecta la ville à la Francie orientale. A partir de 872 jusqu'à 961, une dizaine de Diètes ou assemblées de moindre importance s’y étaient tenues. L’église Saint-Martin (disparue), avait été construite grâce à un don d’Otton Ier.

Pour finir, le 10 novembre 911, Konrad Ier y avait été couronné par ses pairs, qui installaient ainsi une nouvelle lignée en Francie orientale.

C’est dire que pour Théophano, ce fut une avalanche de date et d’évènements, qui lui apprirent beaucoup en quelques jours.

Même si Regensburg n’était qu’à un peu plus de 150km, il fallait quand  même encore partir.

 

13-15 JUILLET       

- Stadtamhof est le centre d’un ensemble très actif, qui s’étend de l’autre côté du pont de la ville de Regensburg (Ratisbonne) présent depuis le temps des Romains, sous le nom de Castra regina. 

S’il y avait un pont de bateaux du temps des Romains, depuis Charlemagne, qui aimait bien cette résidence, un pont en bois franchissait le Danube. Cette construction est toutefois fragilisée par les crues du fleuve et les responsables de la ville présentent au couple impérial un projet de pont de pierre, correspondant mieux aux besoins du développement et la prospérité de la ville. Les ports fluviaux en bois sont des nouveautés pour Théophano, au passage, elle va reconnaitre des marchandises venant de Constantinople et destinées au nord de l’Europe.

Le couple y rencontra un personnage étonnant, rentré depuis peu d’une mission d’évangélisation des Hongrois, après la victoire d’Otton Ier à Lech, et nommé à l’épiscopat depuis 972 seulement. Il s’agit de Wolfgang de Ratisbonne (†994) (qui fut après sa mort l’auteur de nombreux miracles et fut sanctifié).

Au sud de la ville, le monastère Saint-Emmeran et son abbatiale.

Mais déjà, on entend le bruit des armes et des préparatifs de la nouvelle expédition contre la Bohème de Boleslav II.

 

Ier AOUT

Une assemblée doit se tenir ici, à laquelle le couple fut sans doute présent mais dont on ne saura rien car, au grand dam d’Otton II, personne ne prit la peine d’en faire un compte-rendu.

Tout ce que l’on en sait est que l’archevêque, Frédéric de Salzbourg y procéda à un échange de propriétés avec un de ses ministériels*.

 

Au plus près de la frontière avec la Bohême, les troupes sont maintenant prêtes et Otton II a pu lancer son offensive. Malheureusement le résultat ne fut guère plus brillant que celui de l’année précédente, et c’est sans gloire que les troupes revinrent au lieu de départ, la plupart furent dissoutes avant l’hiver et les hommes étaient contents de retrouver leur famille. Ce furent sans doute quelques centaines de km pour rien et nuisibles à l’image du Saint Empire.

 

Ce qui n‘empêcha pas Otton II, une fois rentré, de répondre aux provocations de son cousin Henri II, une nouvelle fois échappé, en le battant et le capturant dans sa ville de résidence. Il en profita pour séparer la Carinthie de la Bavière, qu’il lui confisqua, et la confia à Otton Ier duc de Souabe, son cousin.

 

16 SEPTEMBRE

- Kirchberg, que le jeune couple avait visitée il y a deux ans, les attend effectivement à environ 300km. La ville en elle-même, connue dans les premiers temps sous le nom de Chirihberg dans le district de Iéna, possède un château royal (aujourd’hui disparu), et appartient à Quedlinbourg.  Elle  avait été visitée par Otton Ier, qui l’évoque dans son diplôme du 20 décembre 937, concernant des donations au bénéfice de Quedlinbourg.

Un incendie semble avoir ravagé des bâtiments en 971, mais l’hébergement du couple était assuré. (RIi II, 1, n° 74 ; Die Deutschen Königspfalzen 2000, p. 234 et suiv.)

 

Va suivre un périple de 1200km environ, sans objectif bien précis sinon de rencontrer les populations et leur notables civils ou religieux, qui d’ailleurs se confondaient souvent. Des haltes obligatoires comme Lingen, Erwitt, Duisbourg ou Nimègue sont fixées par les chanceliers et nous allons rajouter des étapes intermédiaires possibles en fonction de leur facilité d’hébergement ou de leur poids politique, tandis que la dernière est prévue à Cologne pour passer Noël et les fêtes de fin d’année.

 

20 - 28 SEPTEMBRE

- Géra accueilli les voyageurs dans ses modestes installations de la période carolingienne, qui disparaitront bientôt, pour être reconstruites plus grandes et mieux adaptées à ses activités métallurgiques et de confection de draperies actuelles.

- Dornbourg, de même, ne fut qu’une halte sur la route. Déjà visitée, la cour aura l’occasion d‘y repasser l’année prochaine.

- Memleben, on s’en doute est un passage obligatoire et toujours émouvant pour le jeune couple.

- Quedlinbourg où les attend Mathilde de Saxe, la sœur d’Otton Ier, que l’on a vue il y a deux ans. L’accueil familial est toujours aussi chaleureux.

 

29 SEPTEMBRE    
- Frose, où le couple est déjà passé il y a deux ans, les accueille. La route à venir jusqu’à Lingen est longue et il ne s’y attardera quand même pas trop longtemps. Le temps pour la jeune impératrice de prêter une oreille
attentive à une revendication de la veuve d’Herzog Berthold de Bavière, qui semble être victime d’un privation de propriété injustifiée. Sa situation sera rétablie après son intervention auprès de son mari, avec sa nouvelle qualité imperatrix augusta. (RIi II, 2, n° 726)

Suivent :

- Halberstadt, dont l’église a été fondée par Charlemagne, et le fête encore (en attendant de le vénérer quand il sera béatifié au XIe siècle).

- Goslar, où ils ont été reçu en 975, leur est familier. Il est bon de raconter cette fois l’incident à l’origine de l’exploitation des mines d’argent, qui permit la création de l’abondante monnaie du Saint Empire. Vers 972, sans doute lors d’un séjour d’Otton Ier, un chasseur attacha son cheval à un arbre. Celui-ci voulant se détacher, arracha l’arbre et mit à jour des pierres luisantes qui n’étaient autres que de l’argent. La montagne s’appela "Rammelsberg“, du nom du cheval Rammel!

Plus sérieusement, le couple fera une rapide visite aux mines de fer et de plomb en activité depuis que Henri Ier en 923 encouragea leur exploitation. (Hocquart 1819, p. 235)

- Hildesheim que l’on ne pouvait éviter. Elle était quand même une des quatre abbayes princières, et si un jour le couple avait une fille, son éducation lui serai certainement confiée.

- Minden, sur le bord de la Weser, se trouve comme Osnabrück dans l’archevêché de Cologne. L’évêché a été créé par Charlemagne vers 785, pour assoir sa conquête et l’évangélisation de la Saxe. L’église que verra Théophano ne ressemble pas à celle d’origine car elle a été brulée quelques temps auparavant, en 947, et elle vit une église toute neuve reconstruite en 952.

- Osnabrück ne dut son titre d’évêché qu’à Louis le Pieux quelques années plus tard, bien que son père Charlemagne soit à l’origine de son église et de son quartier épiscopal. Pour l’heure, c’est l’évêque Ludolf (967-März 978), qui les reçoit.

 

29 OCTOBRE

- Lingen, en Basse-Saxe, où ils arrivèrent fin octobre, était le point le plus éloigné de leur périple. Il leur était important de se manifester dans cette ville bien située sur la rivière Ems pour le commerce avec l’Europe du nord et la défense de la région. Quelque jours passés dans cette ville sans relief et le couple impérial repart vers Erwitte

- Borghorst, est donné pour avoir été visité par Otton Ier, confirmant l’existence du château, dans un document du 23 octobre 968, mais on découvrira bientôt qu’il s’agit d‘un faux.

(RIi II 1, n° 483)

Cela n‘empêche qu’ils sont bien reçus, d’autant que la ville a la particularité d’avoir des communautés monastiques de chanoinesses. D’autres diplômes en 974 et 989 viendront compléter les droits et possessions de la ville et des chanoinesses. ( RIi II 2, n° 667 et 1010)

- Münster, est autrefois le Mimingernaford des premiers occupants, les Bructères. Là encore, Charlemagne essaie d'intégrer la Saxe païenne. Après plusieurs échecs, en 785, il confia cette mission à saint Ludger. Celui-ci réussira à christianiser les Saxons, sa mission est une réussite et en 805, il obtient que le territoire qu’il a conquit soit élevé au rang de diocèse, dont il sera nommé le premier évêque. Pour l'heure, c’est Dodon II, l’évêque du moment (967-993), qui reçoit le couple impérial dans les bâtiments de la cathédrale Saint-Paul, qui a maintenant une centaine d’année. Il leur fait visiter également, accolée à cette cathédrale, une école déjà plus que centenaire.

- Rheda, proche de là, à une cinquantaine de km, convenait pour une petite étape. Une première église paroissiale, contemporaine de celle de Münster, est encore visible. Des travaux se poursuivent pour construire sur son emplacement une basilique plus grande. L'empereur Otton Ier, y séjournait, mais a quand même donné les revenus de son marché et de sa douane, à l'évêque d'Osnabrück. (RIi II, 1, 7 juin 952 n° 213)                                      Otton III y séjournera en 985, ce qui suppose des installations royales accueillantes.

 

7 NOVEMBRE 

- Erwitte, la "curtis regia Arvita" de Charlemagne (784) les reçoit pour la deuxième fois. La ville est signalée dans les "Traditions de Corvey“ en 836. Cette fois Otton II, a une revendication du couvent de Siegburg, (nord-est de Bonn), retransmise par sa femme, concernant les droits de votes des religieuses du couvent et de leur immunité.

Ce sera donc l’objet‚ un diplôme. (RIi II,2 n° 727) puis, le couple ne s’attarde pas trop et reprend le chemin de Duisburg par Soest, Werl et Dortmund, en fait ils suivent la Hellweg* déjà empruntée il y a deux  ans.

 

22 NOVEMBRE

- Nimègue, qui les accueille pour la troisième fois, réserve une bonne surprise à Théophano, les travaux de l’église Saint-Nicolas, qu’elle avaient vus, la dernière fois sont bien avancés.

Il y a encore de nombreuses constructions en cours après les destructions des Normands, bien que les dernières datent maintenant de la fin du Xe siècle.

Pendant qu'Otton II, une nouvelle fois sollicité, accorde par diplôme la confirmation des biens de Pavie et de son immunité.

Il n’aura pas échappé au lecteur qu’à partir de là, les séjours dans les villes visitées durent plus longtemps, on parait s’attarder. Faut-il accorder foi aux dires de Gunther Wolf, qui place pendant cette période la conception du premier enfant du couple !!

On traine en cours de route, il y a environ 160km à parcourir jusqu’à Cologne, en suivant le Rhin et reprenant le chemin de Duisburg, et peut-être un crochet par Essen dont les conditions d’hébergement de son ensemble cathédrale paraissent conséquentes ? L’église dédiée à saint Ludger, qui sera bientôt transformée, présente pour l’instant l’aspect d’un monument roman du début Xe siècle.

 

22 DÉCEMBRE

- Cologne et son nouvel archevêque Warin attendait donc le couple impérial et la cour pour les fêtes de Noël et du début de 977, ils y passeront même le mois de janvier et une partie de février, on espère bien au chaud! 

Malgré le froid, Théophano s’intéresse au passé de la ville ; la vieille église du siècle précédent détruite par les invasions normandes, les travaux de Charlemagne comme ceux que l’on trouve partout dans cette région de Rhénanie-Nord-Westphalie.

Les trésors en bijouterie, orfèvrerie, céramique, sculpture ou mosaïque, qui étaient découverts de temps en temps émerveillaient Théophano. Otton II, attentif aux désirs de son épouse, pour son cadeau, ne pouvait mieux faire que de lui offrir un bijou. En la circonstance un  bracelet romain en or.

          

Reconstitution Marc Nicola. Stadtarchiv Erstein. Site

 

 

 

 

Porte nord d'Agentoratum  Alfred Touchemolin (1895), W Cliché Palacre. Site : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg,  M 9 346

Trebur autre reconstitution du château. Site

 

Ingelheim. Vue d’artiste de l’ensemble palatial.

La France Pittoresque. Site :  

 

 

Ingelheim. reconstitution de l’aula regia.

ArchimediX GbR & Holger Grewe, 2002.Site.

 

Aschaffenburg. Église collégiale Saint-Pierre.Site.

 

 

 

 

Mayence, cathédrale Saint-Martin, dont la construction

commence cette année-là. W. Cliché Moguntiner.

Raban Maur présentant  'De Laude Sanctae Crucis' (la Louange de la Sainte Croix) à Gregoire IV. Bib. Nle d’Autriche. Cod. 652, f. 2. IXe siècle. W. Cliché GDK.

 

Ingelheim d’après Matthäus Merian, 1645. W. Cliché Momo.

 

Bamberg. Restes du château. Cliché Madlen Reichel. Site.

 

 

 

Saint Wolgang. Ecole Autrichienne XVe siècle

Coll. www.bigli.com W. Cliché Kolewijn

 

Otton Ier duc de Souabe et sa sœur Mathilde. Sur Croix de Malte émaillée Xe siècle.

Trésor cathédrale d’Essen. W. Cliche Snowballa68

Dornbourg 1650. Merian. Cabinet des Estampes. Wilhelm Richter, Weimar, W. Cliché H.-P. Kaak.

Frose. Une autre vue de la collégiale Saint-Cyriac.

W. Cliché Friedrichsen

Minden, cathédrale. W. Cliché Tubs.

Borghost, collégiale Xe siècle (reconstruite)

W. Cliché Chris06

Münster. Cathédrale Saint-Paul. W. Cliché Alexostrov.

 

Erwitte. Témoins des constructions. Site:

 

      Hellweg environ d’Erwitte. W. Cliché OgreBot

Nimègue. Église Saint-Nicolas.

Cologne. Abbaye bénédictine S. Pantaléon. Brunet 1625. W. Scan par Howi, cliché Stengelius.

Bracelet or romain, Römische-Germanisches Museum de Cologne. Site

 


 A l’issue de cette première période, la jeune impératrice Théophano, qui doit avoir 17 à 18 ans, a déjà parcouru

une bonne partie du Saint Empire. Ceci à l’occasion de ses nombreux déplacements, environ une centaine de 972 à 976,

y compris leurs dirigeants civils ou religieux. Même en faisant l’impasse sur les expéditions militaires de son mari,

on arrive sur l’année à environ 1800km, ce qui est déjà plus raisonnable.

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