AUTEURS ANCIENS

 

Les auteurs anciens, dans leurs langues d’origine, le grec, le latin, ou l’allemand et méritent quelques développement. Leurs avis, quant ils sont présents, sont dans certains cas assez marqués et on peut en déduire que la présence de Théophano a suscité pas mal de réactions. Toutefois, force est de constater que bien souvent,

en ce qui la concerne, ce qui nous paraît avoir été un événement fondamental  de la formation de l'Europe,

ne fut pas considéré comme tel et même ignoré.

Suivant qu'il s'agisse d'un auteur du Xe siècle, quelquefois lié ou redevable à la famille des Ottoniens,

ou bien d'un auteur à partir du XIe siècle, influencé par les relations peu favorables à l'égard de Byzance,

en pleine confirmation du schisme entre l’Église d'Orient et Rome (1054), les avis divergent.

Il existe une nombreuse littérature récente en allemand et en anglais, mais pratiquement peu en français. 

 

Xe SIÈCLE

 

Liutprand de Crémone

(ca 920-†ca. 971), évêque de Crémone (Lombardie) est connu pour les relations qu’il a faites de ses deux ambassades à Byzance.

La première lui fut demandée par Bérenger II d’Ivrée, qui l’avait fait chancelier en 949, et désirait nouer des relations commerciales avec Byzance. La relation de ce premier voyage, qui n’eut pas les résultats souhaités, intitulé Antapodosis, est écrit entre 956 et 958 à la demande de Recemundus (Évêque d'Elvire et ambassadeur du Califat de Cordoue). C'est le chapitre VI de son « Liber de rebus gestis Ottonis magni imperatoris » (960-964), un simple récit historique, mais sur fond d'hostilité de Liutprand contre Bérenger mécontent de son échec.Il retrace l'histoire de l'Empire en six livres, allant de 886 à 952. L’ensemble est suffisamment bien orienté pour que l’empereur

Otton Ier le remarque et l’invite à faire partie de sa cour ! (PL CXXXVI 1853, col. 788-898 ; Liutprand 2004, Antapodosis, p. 9-42)

Se basant sur sa connaissance de Byzance, il lui confiera la deuxième ambassade, dont le but est d’obtenir l'accord du mariage d’une princesse porphyrogénète avec son fils Otton II. On peut imaginer l’accueil que reçu Liutprand, quand dans le même temps Otton Ier cherchait à conquérir Bari et l’Italie du Sud, alors aux mains des Byzantins. On a vu la suite, et le récit de sa deuxième ambassade à Constantinople, « De Legatione Constantinopolitana », outre le fait qu’il voulait se donner le beau rôle, a contribué à établir la « légende noire » de l'Empire Byzantin en Occident. Ainsi Liutprand parle en ces termes de Constantinople : « cette cité, jadis opulente et florissante entre toutes, désormais famélique, parjure, menteuse, fourbe, voleuse, cupide, avare et vaniteuse ».( PL CXXXVI, col. 910-938 ; Liutprand 2004, De Legatione, p. 42 et suiv.).

On peut conclure comme Michel Balard : « ... faut-il sans doute chercher dans ses descriptions antithétiques de l'espace constantinopolitain moins l'image d'une réalité urbaine et sociale, que le reflet du paysage intérieur de l'évêque de Crémone, juge impitoyable des autres, et qui trouve son salut dans une ironie féconde… ». (Balard 1997, p. 51-56)

On perd sa trace après 971.

 

Hrotsvita de Gandersheim

(ca 935-1002) Hrotreswitha, Rosweyda, Rothsmuta, Hroswida, Rhosvit.

On ne sait pas grand-chose d’elle, à par le fait qu’elle entra, en tant que chanoinesse, à l’abbaye bénédictine de Gandersheim, dirigée par l’abbesse Geberge, nièce d’Otton Ier. Bien qu'elle ne fût pas none, elle fit vœux de chasteté, mais non de pauvreté. (Haight 1965, p. 11 et suiv.)

Elle a pu ainsi recevoir sa formation intellectuelle impeccable aux côtés de Bruno, frère du roi et archevêque de Cologne, lui-même très cultivé, sous la férule de Rathier de Vérone, présent à la cour en 952. En effet, elle lisait le latin classique et les auteurs chrétiens anciens, dont elle s’inspira sans doute pour ses œuvres, écrites à la demande de Geberge. (Hortsvitha-Goullet 1999)

« …..la période culturelle particulière, (la Renaissance ottonienne), la situation géographique particulière (la Saxe), le contexte social et intellectuel particulier(Gandersheim), et le plus important, les traditions littéraires florissantes au dixième siècle, fournirent le contexte historique, intellectuel et social pour le cadre de l'activité poétique de Hrotsvit ». (Wilson 1988, Prologue)

On lui doit entre autres la « Gesta Ottonis » en vers, sorte de panégyrique de la famille ottonienne. (MGH Sriptores rerum Germanicarum, 1911, p. 201-229). Ses poèmes sont accessibles dans la "Bibliothèque numérique mondiale", mais en version originale du XIe siècle corrigée en 1501.Site :  http://www.wdl.org/fr/item/13458/ 

Maître du Registrum Gregorii

Le maître du Registrum Gregorii (fl. vers 980-996) est un copiste et peintre d'enluminures ottoniennes, resté anonyme. Il est ainsi désigné par l'historien Arthur Haseloff en référence à deux feuillets enluminés du Registrum Gregorii dont il est l'auteur. Il était actif à Trèves, à l'époque d'Egbert de Trèves qui fut un mécène de première importance de la Renaissance ottonienne.

Principales œuvres visibles :

Sacramentaire de Trèves (Musée Condé de Chantilly)

Sept miniatures du Codex Egberti (Stadtbibliothek de Trèves)

Évangéliaire de la Sainte-Chapelle (Bibliothèque nationale de France)

 

XIe SIÈCLE

 

Thietmar, évêque de Mersebourg (Saxe-Anhalt, 975-1018)

fait partie, avec sa "Chronique", des chroniqueurs du début du XIe siècle, qui relatent les faits au plus proche des événements de la période ottonienne. C’est une autre source importante et relativement fiable, il a ainsi un regard, quoique critique, au minimum  positive sur Théophano et son action.

Il est issu de deux nobles familles, les Walbeck et les Querfurt, fit ses premières études au monastère de Bergen près de Magdebourg, compléta celles-ci à Saint-Servatius de Quedlinbourg,  puis à l’école de la cathédrale de Magdebourg.

Il eut à  défendre, sans succès au début, la suppression, sans raison bien précise par Otton Ier, du diocèse de Mersebourg au profit de ses voisins, Meisse, Zeitz et Halberstadt. La cathédrale de la ville devenant un bien de celle de Magdebourg. Il commença à écrire sa "Chronique" en 1012, en s'inspirant de ce qu'il avait appris et vécu. En complément, il semble s'être procuré une copie des "Annales de Quedlinbourg", de l'"Histoire des Saxons" de Widukind qui complétèrent ses propres informations.

Sur ces vieux jours, il eut la joie de voir le diocèse de Mersebourg rétabli dans ses droits et son indépendance par Henri II.

On dispose de deux codex de ses œuvres, l’un de la "Bibliothèque nationale de Dresde" (Msc Dresden, R 147), sérieusement endommagé durant la Deuxième Guerre Mondiale, mais dont on a heureusement un  fac-similé de 1905 et celui de la "Bibliothèque Royale de Bruxelles" (Ms 7503-7518).

 

 

 

XIIe SIÈCLE

 

Skylitzès

 

 

XVIIe SIÈCLE

Merian, Matthäus et Caspar

Caspar Merian était le fils et élève du graveur Matthäus Merian (1593-1650) et de sa femme Maria Magdalena née de Bry.

Comme employé de son père, il a travaillé temporairement à Paris et Nuremberg. Après la mort de celui-ci,  il a dirigé la maisonhttps://messagerie-12.sfr.fr/webmail/mailbox.html

d'édition de Francfort avec son frère Matthieu. Les deux ont continué à diriger la publication des importantes collections engagées

par leur père : les 16 vol. des "Topographia Germaniae" et les 14 du "Theatrum Europaeum", et préparé  de nombreuses d’autres éditions.

En 1672  Merian se retira sur avis médical à Wertheim  et en 1677 en Frise occidentale pour rejoindre la ville protestante de Labadisten

où il vécu jusqu'à sa mort. En 1685, il avait pris sa demi-sœur Maria Sibylla Merian (1647 à 1717), et ses deux filles à son château Waltha.

L’ensemble est une source inestimable pour la période concernée et, malgré le décalage dans le temps de plus de cinq cents ans, nous avons estimé que les gravures présentées donnaient une vue topographique suffisamment intéressante pour que nous ne la négligions pas. Les travaux existent dans la bibliographie mais sont repris en détail sur le site :