ANNÉE 985

 

C’est l’année de transition, Théophano s’impose face à Adélaïde, qui bénéficiera quand même

d’une délégation de pouvoir en Italie. Elle assume son rôle d’impératrice ottonienne, en cherchant à préserver l’héritage d’Otton Ier, et le sien comme mère du jeune empereur.

Infatigable,on la voit partout où sa présence semble indispensable, d’Ingelheim à Grône, Duisbourg, Frankfort,

Metz, Cologne, Nimègue, Bamberg, etc. 

Voyons un état des lieux : à l'ouest, la situation est instable, Lothaire, roi des Francs, qui veut toujours récupérer

la Lotharingie accentue sa pression ; au nord, les Danois ont déjà pénétré dans le Holstein et veulent s’émanciper du Saint Empire ; à l'est, les Slaves s'allient à leurs ennemis de Bohème et repassent l’Elbe ; au sud, les Byzantins

et les Sarrasins se battent entre eux et  placent le sud de la péninsule italienne hors contrôle.

La prise et le saccage de Barcelone par le calife de Cordoue, Al-Amsour, rendra encore plus difficile la libre circulation en Méditerranée.

Pour l'instant sans influence directe sur le Saint Empire, à Constantinople, Basile II avait définitivement chassé

son grand-oncle, le parakimomène Basile, et prit le pouvoir. En Arménie même, que cherchait à annexer Byzance,

le roi Sembat II (977-989) poursuivait la construction de la nouvelle capitale Ani.

(Les douze capitales d’Arménie 2010, p. 159 et suiv.)

 

JANVIER

A Ingelheim, la cour sortait de la période de fêtes, quand déjà on apprend des difficultés autour de la consécration d’Adalbéron à Metz, convenue pourtant le 28 décembre et qui devait être confirmée le 3 de ce mois. La nomination décidée auparavant, en particulier avec Egbert de Trèves, n’est pas respectée, apparemment sous l’influence d’Henri II.           

En effet, les envoyés ottoniens, rapportent que déjà Lothaire II, roi des Francs, furieux d’apprendre la prise puis la fortification de Verdun, se préparait à repartir en campagne au début de l’année, pour reconquérir la ville, lorsqu’au dernier moment une rencontre avait été décidée avec Henri II à Brisach (Vieux-Brisach, Bade-Wurtemberg).

En attendant la suite des événements, le départ est bientôt donné pour Mülhausen,

située à près de 300km.

 

28 JANVIER - FÉVRIER

- Mühlhausen, où Théophano est déjà passée en 973, est signalée à cette époque comme possédant un Reichsgutbezirkes (quartier impérial) important, dont les origines remontent à l'Empire de Charlemagne, et pouvant héberger la Cour, .

En cours de route, Théophano est surprise d’apprendre qu’Henri le Querelleur, qui devait rencontrer Lothaire le roi des Francs à Brisach, lui avait fait faux bon. Ce faisant Lothaire, à nouveau furieux, était revenu en passant par les Vosges et prit Verdun, capturant au passage les comtes Eudes et Herbert, et, poursuivant son retour, avait laissé la ville à la garde de sa femme, Emma. Théophano fut à nouveau surprise, mais cette fois en apprenant que la ville venait d’être rapidement reprise par les princes lorrains fidèles.                     (Richer Liv. III, CII, p. 347 et suiv.)

Plusieurs actes de donations et d’attributions de droits seront émis pendant ce séjour.

(RIi II, 3 n° 964/65/66)

 

14 FÉVRIER

- Allstedt est bien familière à Théophano où elle a séjourné plusieurs fois. Elle s’y installe pour quelque temps, en suivant l’évolution de la situation en Lotharingie. Pendant son séjour, elle promulgue un nouveau diplôme de confirmation des privilèges et des droits de Magdebourg. (RIi II, 3 n° 967)

 

28 MARS – 12 AVRIL

- Grone, à quelques jours de cheval, semble avoir accueilli la cour pour les fêtes de Pâques.

Mais la tranquillité n’était pas de mise, en particulier pour Verdun ; en effet, Lothaire, se sentant trahi, a de nouveau envahi la Lorraine. Il reprend  la ville, fait prisonnier le comte Godefroid, son fils Frédéric, Sigefroid de Luxembourg et le duc Thierry de Haute-Lorraine, qui s’y trouvaient.

Par ce fait, il menace l’archevêque de Reims, Adalbéron, et son écolâtre*, Gerbert d'Aurillac, tous deux partisans des Ottoniens. Il convoque d’ailleurs une assemblée à Compiègne pour juger Adalbéron de Reims, accusé de haute trahison. Ce dernier, essaie de louvoyer, en appelle à Hugues Capet et secrètement à Théophano. (Gerbert let. n° 49 ; Lot 1939, p. 142-144)

 

29 AVRIL

Duisburg, après leur parcours de près de 300km,  les reçut pour un court séjour : sa position sur le Rhin le justifiait. Si la ville avait été plusieurs fois détruite par les Vikings, Théophano apprit qu’un courageux habitant, le comte Heinrich von Babenberg, avait anéanti le dernier groupe à la fin du siècle dernier. Puis, très rapidement, un château avait été construit, assez grand, même pour recevoir  un premier synode impérial en 929.

Parmi ses activités très nombreuses, Théophano, quand elle arrivait dans une ville, prenait le temps d'étudier des donations, comme celles faites à Worms. Elle s’impliquait dans la justice à rendre, la surveillance des comptes, le comportement de ses "missi" avec les autorités  et les populations locales, etc…

Pendant ce temps les courriers arrivaient de tous les horizons ; Théophano apprit ainsi,  de Constantinople, par Niketas, qu’un conflit avait éclaté entre Basile II (1025) et son grand-oncle le parakimomène Basile Lécapène. A la suite de quoi le jeune Basile II l'avait même fait enfermer et avait pris le pouvoir, son frère Constantin VIII Porphyrogénète n’étant pas intéressé. Elle apprendra d’ailleurs plus tard que Basile Lécapène était mort en geôle! (Ostrogorsky 1996, p. 322 et suiv.)

Dès sa prise de pouvoir Basile II avait commencé à avoir fort à faire dans les Balkans, et en particulier avec les Bulgares, contre lesquels il avait acquis le surnom de "Bulgaroctone".

 

MAI

Théophano était toujours attentive à l’évolution de la situation de ses alliés Adalbéron de Reims et de son écolâtre Gerbert, elle apprit ainsi la prochaine mise en accusation de l’archevêque par Lothaire, prévue le 11 mai à Compiègne. Il se trouve que celui-ci, en même temps que la demande d’aide faite à l’impératrice, avait également sollicité le duc des Francs, Hughes Capet. Ce dernier se présenta à la date indiquée, avec une troupe suffisamment conséquente de six cents cavaliers près de Compiègne, pour que Lothaire annule la tenue de ce jugement. Ensuite, les tractations resteront toujours difficiles avec l’archevêque Egbert de Trèves, très tenté par une alliance avec Henri II.

(RIi II,3 n° 965c-969h ; Gerbert Havet, let. n° 55 ; Lot 1939, p. 525 et suiv. )

 

9 JUIN

Parmi les familiers de la nouvelle Cour, on rencontrait souvent Notger en sa qualité de conseiller du gouvernement. On l'y voit, le 9 juin, à Geilenheim, usant en cette circonstance de son influence en faveur de sa principauté. L'église de Liège avait déjà reçu (avant 981) les revenus de Huy que les empereurs s'étaient jusque là réservés, à savoir l'octroi, la frappe de monnaie et quelques autres revenus. Ansfried qui tenait le comté de Huy en fief de l'empire, le résigna entre les mains du roi en faveur de l'église de Liège. Par une charte du 9 juin, datée de Geilenheim, Otton III le donna à l'église de Liège et confirma en même temps tout ce que cette église possédait à Maestricht, à Huy, à Namur, à Dinant, ainsi que ses monastères, châteaux-forts, fermes et domaines. Il défendit à tout comte, à tout juge d'y exercer son pouvoir judiciaire et coercitif, tel que d'entendre les causes, d'exiger l'argent des compositions judiciaires, d'établir des impôts, des amendes, des octrois, des péages ou quelque contribution forcée que ce soit, de demander le logement et les frais de séjour, de contraindre des accusés a fournir des cautions, d'extorquer des tributs ou autres prestations illicites. (Chapeauville 1612, t. I, p. 215 ; Du RY 2000, p.72 et suiv.).

D’ailleurs Théophano retint bientôt Notger comme conseiller d’Otton III, et celui-ci en profita (en abusa) pour  obtenir encore des faveurs pour les villes de Stavelot, de Brogne, de Nivelles et de Villich.

Le départ de la cour pour Francfort eut bientôt lieu.

 

26 JUIN – 2 JUILLET

- Francfort, les reçut bien et se prépara à accueillir la première grande assemblée du règne d’Otton III (sous régence de Théophano).  D’ailleurs, Henri II le Querelleur s’y joindra quelque peu avant la clôture pour faire enfin sa soumission, en s’agenouillant devant le jeune roi, après de derniers palabres, le duché de Bavière lui fut rendu.

Quelques donations et octrois de privilèges s’en suivent et, apparemment, tout le monde se retire satisfait de cette rencontre, permettant ainsi à l’impératrice Adélaïde de rejoindre ses terres italiennes à Pavie, où l’attendent ses sujets, dont l’archevêque de Milan, pour la tenue d’un plaid pour le 18 juillet. (RIi, II, 3, n° 9691, 970, 971, 972a  et 972c)

 

7 JUILLET

- Ingelheim, où la Cour arriva ensuite, servit de base pour les dernières tractations. Une notification fut établie pour nouvelle donation à Notger, dont l'attitude avait eu dans ce débat une importance capitale. Pour prévenir toute menace de passage à l'ennemi, Théophano, qui agissait et pensait encore à la place d'Otton III, confirma à l'évêque de Liège un cadeau inhabituel, s’agissant de terres d’Empire : le complément du comté de Huy, qui s'étendait aux alentours de la ville, de part et d'autre de la Meuse, sur de larges portions des régions de la Hesbaye, du Condroz et de la Famenne, environnantes de Liège. C’est l’acte fondateur de la principauté épiscopale de Liège, dont Notger devenait  "prince territorial " ou plus exactement un puissant fonctionnaire et collaborateur politique de l'empereur germanique. (RIi II, 3 n° 972)

Notons que la donation du comté de Huy à l'église de Liège est bel et bien, en terre d'Empire, une nouveauté, car c'est la première fois qu'un comté entier est concédé à un évêque germanique. Notger serait donc en quelque sorte "l'inventeur" du système de l’Église impériale.

(Notger et Liège 2008, p. 21 et 22)

Mais l’actualité s’impose, et même de loin la nouvelle n’est pas agréable : le calife El-Mansour-billah venait de prendre Barcelone au début du mois. Il s’en étaient suivis des pillages et le massacre de la population. En fait, la ville s’était sentie abandonnée à ses maigres moyens par les Francs, qu’elle avait appelés en vain au secours. Après un sursaut de résistance, elle était parvenue à se libérer et ce fut, face  aux incursions de plus en plus fréquentes du calife, l’événement fondateur de l’État catalan.                    (Zimmermannn 1977, p.191-218 ; Bonnassie 1990, p. 166 et suiv.)

 

JUILLET
  - Metz, qui disposait de grands  bâtiments comme la Basilique Saint-Pierre-aux-Nonnains qui pouvait contenir trois cents personnes, fut le siège d’une réunion bien particulière, la Conférence des Dames, le "colloquium dominamum", la rencontre des femmes régnantes ou simplement proches de régnants.

En effet, constatant l’incapacité des dirigeants à trouver la paix, Beatrice de France, sœur de Hugues Capet et nièce d’Otton Ier, proposa-t-elle une rencontre entre femmes. Théophano et Mathilda, abbesse de Quedlinburg (fille d'Otton Ier), Emma, la fille de l’impératrice Adélaïde, l'épouse du carolingien Lothaire même Gisela (femme de Henri II, fille du roi Conrad de Bourgogne), et Gerberge (sœur d’Henri II et abbesse de Gandersheim) se réunirent ainsi dans la capitale lorraine.

Elles furent reçues par le propre fils de Béatrice, Adalbéron II, pour l’heure évêque de la ville

( RIi II,3 n° 969k ; Althof  2003, p. 45)

En fait, on connaît les faits seulement à travers les lettres de Gerbert, datées d’avant l'événement prévu, pour le compte d’Adalbéron de Reims à la duchesse Béatrice. Elles doivent avoir été écrites fin juin, après l'arrivée des premiers rapports sur la réunion de Francfort. (Gerbet n° 62, à la page 61 et suiv.)

L'archevêque précise la date du colloque, y évoque le désir de Notger d'y participer, mais aussi la possibilité d'un échec de l'entreprise. (Gerbert n° 66, p . 64) 

Les éléments de preuve de ces deux lettres pour dater cette conférence sont considérées exactes, comme l'itinéraire de l'impératrice, la tenue du colloque supposée à la fin de juillet ou aux premiers jours du mois d’août,  suivi des déplacements d’Ingelheim à Metz, puis à Cologne (8 Août) ou à Nimègue (20 août).

En réalité, on connait peu de ce qui s’est décidé, à part le fait que la paix avec Henri II avait été au cœur des discussions. (Althof  2003,  p.46)

En retournant à Cologne, Théophano apprend sans tristesse (!) l’assassinat, le mois dernier à Rome, de l’antipape Boniface VII par le peuple. Elle n’oubliait pas qu’il avait assassiné deux de ses prédécesseurs ! Des tractations étaient menées en son nom avec Crescencius II, et l'élection du nouveau pape, Jean XV, arrive à  mettre tout le monde d’accord.     (Mathieu-Rosay 1988, p. 191-192)

Grace à Théophano, la Cour a pris petit à petit l’importance et l’autorité qu’elle avait avec Otton II. Otton III, dont l’éducation est bien surveillée par sa mère, a maintenant cinq ans. Il bénéficie de son propre sceau avec la mention  Otto dei gratia Rex, et  de la  frappe d’une pièce de monnaie à son nom. Voir ci-contre un denier, vers 984, au recto : DI GR-A+REX  et au centre, O-D-D-O. (Heinecci 1719, p.90 et suiv.)

Henri II le Querelleur, qui peut se prévaloir  dorénavant du titre de duc de Bavière, s’est joint à l’escorte. Celle-ci se dirige vers Nimègue en passant par la Saxe, puis Cologne, soit environ 1000 km à travers la chaleur de l’été. (RIi II,3, n° 972d)                   

 

8 AOÛT

- Cologne, ce très vieux diocèse datant du IVe siècle, les reçut sans doute sous cette chaleur, à l’inverse de leur premier passage en hiver 976. L’archevêque Warin qui les avait déjà reçut à l’époque, était bien malade, il décèdera d’ailleurs quelques semaines plus tard. Gardien, assurant la sécurité d’Otton III, on se souviendra de sa trahison à l’annonce de la mort d’Otton II, en s’alliant à Henri II.

Durant les quelques moments que lui laissèrent l’étude des affaires en cours, l’impératrice en profita pour visiter une partie des églises romanes de la ville dont l’église Saint Martin  avec ses derniers vestiges carolingiens restant, après les invasions normandes de la fin du IXe siècle, encore visibles et qui servent à rebâtir le nouvel ensemble. Sans oublier sa préférée, Saint-Pantaléon, dont la reconstruction en cours avait été lancée par Saint Brunon de Cologne, le frère d’Otton Ier, à la fin des années 950, dans le parfait style massif ottonien. Par ses donations, elle continuait toujours à encourager le fin des travaux de l’église qui avait été consacrée, en 980, par l’archevêque Warin.

Avant de partir, Théophano apprit et déplora la disparition de l’abbé Ruodmann de Reichenau, qui avait donné une bonne orientation culturelle au monastère, maintenant directement rattaché au pape ; son remplaçant sera nommé dans le mois, il s’agit d’un moine de l’abbaye, Witigowo. (RIi II,3, n° 972e)

 

20 AOÛT

- Nimègue, qui est un lieu de séjour agréable en cette saison, reçut ensuite l’impératrice avec son fils, pour la sixième fois, avec la cour. Ils y resteront jusqu’à la fin du mois. Le temps pour Otton III, avec sa mère, de renouveler les privilèges, entre autres, du monastère de Kornelimünster voisin, toujours en reconstruction après les destructions par les Normands.

(RIi II, 3 n° 974, 974a et 975).

- Soest, qui les vit arriver vers la fin du mois, est en ce moment la deuxième ville la plus importante après Cologne c’est dire qu’en fine politicienne, Théophano ne pouvait l’éviter. D’autant que la ville, bien placée sur la Hellweg, fut protégée par Brunon, le frère d’Otton Ier.

C’est probablement pendant le séjour de la cour que l’évêque Erp de Verden se voit attribuer des avantages spéciaux pour son diocèse. (RIi II, 3 n° 975b)

La magnifique cathédrale dédiée à saint Patrocle était en cours de finition. Elle abritait le corps de ce saint du IVe siècle, originaire de Troyes, que lui avait confié un dénommé Ansegise en 963. (L’Art de vérifier les dates, 1819, t.4, p. 390)

 

2 SEPTEMBRE                          

- Wiedenbrück, (Windengrugga) était à environ à 300 km sur la route qui devait les mener à Paderborn, cela tombait bien pour y faire une étape.

Une première Urpfarrkirche (église paroissiale) est supposée avoir existé ici en 785 et des excavations montrent l'émergence d'une basilique à transept, postérieure sans doute à l'année 900. L’empereur Otton Ier avait donné en 952 à l'évêque d'Osnabrück les droits du marché, l’autorisation de battre monnaie et les revenus des droits de douane perçus par Wiedenbrück. Au passage, la Cour et Otto III, sollicités, établiront un nouveau certificat au bénéfice de la ville pour le monastère proche de Meschede. Certains historiens suggèrent qu'il y a eu ici, à cette époque, un château royal, ce qui justifierait le séjour de la Cour.

- Paderborn*, qu’ils avaient traversée rapidement plusieurs fois avec Otton II, est heureuse de les accueillir quelques jours pour la première fois. Théophano en profite pour prodiguer ses encouragements aux initiateurs de la construction d’une église Saint-Barthélemy*, avec des architectes byzantins venus présenter leur art en la matière. (Riché 1983, p. 335)

Elle a toujours ce petit pincement au cœur en pensant au martyre de l’évangélisateur de ses ancêtres arméniens.

 

21 SEPTEMBRE

Théophano réussit à ce que Mieszko Ier de Pologne, jusque-là hostile à une intégration dans la sphère ottonienne, qui est lui-même attaqué par la tribu des Polanes, s’allie au Saint Empire pour se défendre et reconquérir la Lusace (voir carte ci-contre). On dit même que l'impératrice accompagna quelque temps l’armée des Ottoniens, peut-être même avec Otton III. Ils pénètrent en Saxe à la tête d’une armée et reprennent à Boleslav, la ville de Meissen, qui rétablit immédiatement dans son diocèse son évêque Volkold, retiré jusque là chez Willigis. (RIi II,3 n° 976a, 976b) ; Thietmar 2001, Liv. IV, chap. 6 ; Althof 2003, p. 47)

Après le décès de l’archevêque Warin, qu’elle avait vu bien faible, l’impératrice procède à l’élévation au titre d’archevêque d’Everger, qui appartenait déjà au chapitre de Saint-Martin.     

30 SEPTEMBRE

- Bamberg, qui avait été donné à Henri II par Otton II, croyant ainsi le calmer, avait été retenue pour l’organisation d’une petite diète présidée par Otto III et sa mère, avec la participation des évêques et des notables laïcs, ainsi que des deux Henri, de Bavière et de Carinthie.

L’évêque Pilgrim de Passau y est invité à présenter ses doléances, qui concernent les destructions subies lors du passage des invasions magyares. A l’issue de cette réunion,

Henri II de Bavière, sans doute en mal d’actions et désireux de prendre une revanche sur eux, s’engagea avec le margrave Liutpold et les poursuivit jusqu’au monastère de Melk sur les bords du Danube. Tandis qu’Otton, sans doute avec Théophano, trouve une formule d’indemnisation pour l’évêque Pilgrim sous la  forme d’affectation de résultats d’impôts.

(RIi II, 3 n° 977)

Théophano avait appris pendant son séjour la disparition de l'abbé Wido de Blandigny, petit évêché près de Gand, dont le monastère existe depuis le IXe siècle, et bien connu des Ottoniens. Son successeur fut immédiatement nommé, il s’agira d’Adalwin.

(Annales Blandiniense p. 24-30 ; RIi II, 3, n° 976d ; Diericx 1808, p. 13,17 et suiv.)

 

17 OCTOBRE

Sur la route pour aller à la prochaine halte importante, Augsbourg, à environ 200km, on passe par le village de Nuremberg, et l’on s’arrête à la petite ville d’Ettenstadt pour une courte halte et en profiter pour régler un problème de répartition des terres par un diplôme. (RIi II, 3 n° 978)

 

30 NOVEMBRE

- Soest, visitée à l'aller, est choisi, comme hébergement  pour arbitrer un petit litige entre les évêques de Worms, Soest, Verden.  (RIi II, 3, n° 979)

 

25 DÉCEMBRE

- Ingelheim ou Cologne, laquelle de ces deux villes les accueillit-elle pour les fêtes de Noël ?

Les avis des experts sont partagés et l’auteur ne rentrera pas dans ce débat. Admettons empiriquement que sentimentalement, parlant, la Cour passa les fêtes dans la première !

 

Les affaires défilent à un rythme ralenti avec leurs soutiens ; les habitués participent aux activités, en deux mots la Cour en profite pour faire une pause.

Seule fausse note dans ce calme relatif, les Romains, lassés des conflits internes entre la papauté, les différentes familles et factions,  dont les Crescentius qui sont les plus virulents,

en appellent à Théophano. A leurs yeux, seule une présence impériale pouvait remédier à la licence effrénée de leurs concitoyens. Il est sûr que les intérêts de son fils retenaient l’impératrice au delà des Monts depuis 984, et ils sollicitaient sa venue en amenant le jeune Otton III. (Saint-Marc 1763,  p. 880 et suiv.)  

 

Théophano. Sacramentaire de Petershausen

Université de Heidelberg Cod. Sal. IXb

Reichenau, vers 960/980. Site.

 

 

Mülhausen, gravure Matthäus Merian l’ancien, 1653 in  Topographia Saxoniae Inferioris.

 

 

 

 

 

 

 

Reconstitution Duisburg en l’an mille. Site

 

 

 

 

Basile II. Psautier de Venise. vers 1017-18. BNM, ms gr. 17, fol. 3r.  W. Cliché Brastite

 

 

 

 

Huy. Forteresse (actuelle)  des IXe-Xe siècle.

 

Metz Basilique Saint-Pierre-aux-Nonains. Site

 

 

La Catalogne indépendante vers 1200. W. Carte Alexandre Vigo.

 

Denier en argent. Dei Gratia Rex au R°, Athalheit au V°.au Bode-Museum (Berlin) Site.  

 

 

 

 

Cologne, archevêque Warin. Site

 

Cologne. Église Saint Pantaléon. A partir Xe siècle.

Style massif occidental. Site

 

  

 

Reichenau abbaye  construite par Saint Pirmin (VIIIe siècle) Reproduction XVIIe siècle?

 

 

Soest. Cathédrale Saint-Patrocle. W. Cliché Hans Peter Schaefer

 

Widdenbrügg. Merian XVIIe siècle. W. cliché d’après l’ouvrage.

Paderborn, église Saint-Barthélemy. Site

 

Pologne au Xe siècle. La Lusace (souligné) entre l’Oder et l’Elbe. Atlas Niox 1910.p. 10.

 

Les roi mages VIe.siècle à Saint Apollinare Ravenna, Photo: Nina Aldin Thune Site 

 

 

 

 

 

 

 

                A suivre : Année 986

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